Qui est Stephix ?

33 ans, maman de trois enfants de 7 ans, 4,5 ans, et 19 mois + 1 BB en route ! Working mama en freelance après 5 ans de congé parental. Heureuse de cette expérience, d'avoir été aussi disponible pour mes petits et d'avoir enfin réalisé mon projet: allier travail et vie de famille tout en restant chez moi. Sur facebook vous me retrouverez en cherchant "les blogs de stephix", parce que j'en ai 4 et j'ai voulu les regrouper. Bonne lecture et surtout bons échanges!

[Lire la suite...]

Fourni par Blogger.

Le Top 8

Recherche

Archives

"Dîtes-moi en face que je n'aurais jamais du vivre !"

Aujourd'hui c'est au tour de Rebecca Kiessling de nous parler de sa vie. Rebecca a été conçue lors d'un viol. Elle nous livre son témoignage, traduit en Français. Vous pourrez trouver l'original ici, sur sa page officielle. 


"J’ai quasiment été adoptée à la naissance. A 18 ans, j’ai appris que j’avais été conçue lors d’un viol brutal sous la menace du couteau d’un violeur en série. Comme la plupart des gens, je n’avais jamais considéré que l’avortement concernait ma propre vie, mais lorsque j’ai reçu cette information, j’ai réalisé tout à coup, que non seulement cela concernait ma vie mais que cela avait même à faire avec mon existence. C’était comme si je pouvais entendre les échos de tous ces gens qui, prenant leur voix la plus sympathique disaient : " Bien entendu, excepté dans les cas de viol…"  Ou qui s’exclamaient avec un dégoût plutôt prononcé : "En particulier dans les cas de viol !!!" Tous ces gens-là qui ne me connaissent même pas mais qui se lèvent en jugeant ma vie, si prompts à la rejeter tout simplement à cause de la façon dont j’ai été conçue. J’ai ressenti que j'aurais dès lors à justifier ma propre existence, que j’aurais à prouver au monde que je n'avais pas à être avortée et que j’étais digne de vivre. Je me souviens de m’être sentie comme un déchet à cause des gens qui disaient que ma vie était comme tel, qu'on pouvait se débarrasser de moi.

S’il vous plait, comprenez qu’à chaque fois que vous dîtes que vous êtes “pro-choix” ou qu’à chaque fois que vous faîtes cette exception pour le viol, cela signifie en réalité que vous êtes capable de vous tenir devant moi, de me regarder dans les yeux et de me dire «  Je pense que votre mère aurait dû pouvoir vous avorter ». C’est une affirmation qui a un impact considérable. Je ne dirai jamais une chose pareille à qui que ce soit. Je ne dirai jamais à quelqu’un “Si ça ne tenait qu'à moi, tu serais déjà morte”. Pourtant, c’est  la réalité avec laquelle je vis. Je défie quiconque de m'affirmer le contraire. Ce n’est pas comme si les gens disaient “Bien sûr, je suis pro-choix excepté pour cette petite opportunité en 1968/69 qui t'a permis de naître Rebecca." Non – ceci est la réalité impitoyable de cette position, et je peux vous dire que cela fait mal et que c’est mesquin. Mais je sais que la plupart des gens ne mettent pas un visage sur ce sujet. Pour eux, c’est juste un concept – un rapide cliché qu’ils balaient sous le tapis et qu’ils oublient. J’espère qu’en tant qu'enfant de viol, je peux aider à mettre un visage et une voix sur ce sujet.  

J'ai souvent eu à faire à ceux qui se confrontent à moi et essaient de se débarrasser de moi avec des railleries du style « Eh bien, tu as eu de la chance ! ». Soyez sûrs que ma survie n’a rien eu à voir avec la chance. Le fait que je sois vivante aujourd’hui est lié aux choix qui avaient été adoptés par notre société dans son ensemble,  par des gens qui s’étaient battus pour être sûrs que l’avortement soit illégal au Michigan à cette époque – même dans les cas de viol – des gens qui se sont battus pour protéger ma vie et des gens qui votaient pro vie. Ce n'est pas de la chance. J’ai été protégée. Et vous voudriez vraiment qu'on pense que nos frères et soeurs qui sont avortés quotidiennement sont ‘malchanceux’ quelque part?


Bien que ma mère biologique ait été enchantée de faire ma connaissance, elle m’a dit qu'en réalité elle été allée voir deux avorteurs clandestins et que j’avais failli être avortée. Après le viol, la police l’avait dirigée vers un conseiller qui lui avait basiquement expliqué que l’avortement était la seule solution. Elle m’a dit qu’à cette époque, il n’existait aucun centre de conseil pour grossesses non désirées, mais ma mère de naissance m’a assurée que s’il y en avait eu, elle s’y serait rendue pour avoir au moins un peu plus de conseils. Le conseiller est celui qui l’a mise en contact avec les avorteurs clandestins. Pour le premier, elle a dit qu’il s’agissait des conditions typiques de la clandestinité dont vous entendez parler pour justifier le fait « qu’elle aurait dû pouvoir m’avorter en sécurité et légalement » - du sang et de la saleté partout, sur la table et par-terre. Ces conditions et le fait que ce soit illégal l’ont conduite à se désister comme pour la plupart des femmes.

Ensuite, elle a été mise en relation avec un avorteur plus coûteux. Cette fois là, elle devait rencontrer quelqu’un de nuit à proximité de l’Institut des Arts de Détroit. Quelqu’un l’aborderait, l’appellerait par son nom, lui mettrait un bandeau sur les yeux, l’installerait sur le siège arrière d’une auto, l’emmènerait et alors m’avorterait… puis lui remettrait le bandeau et la déposerait.  Et savez vous ce que je trouve tellement pathétique? C’est que je sais qu’un grand nombre de personnes ici et là, m’entendant décrire ces conditions, réagiraient en secouant pitoyablement la tête pour exprimer leur dégoût : « c’est vraiment affreux que votre mère biologique ait dû passer par tout ça afin de pouvoir vous avorter ! » Comme si c’était de la compassion ?!! Je réalise pleinement qu’ils pensent qu’ils sont remplis de compassion mais leur cœur est en fait incroyablement sec selon moi, vous ne pensez pas ? C’est de ma vie dont ils discutent aussi durement et il n’y a aucune compassion dans cette position. Ma mère biologique va bien – sa vie a continué et en fait, elle est super mais j’aurais été tuée, ma vie se serait terminée. Je peux ne pas ressembler à ce que j’étais à 4 ans ou à 4 jours d’existence dans le ventre de ma mère, mais c’était toujours et indéniablement moi et j’aurais été tuée dans un avortement brutal.

D’après les  recherches du Dr. David Reardon, directeur de l’Institut Elliot, co-éditeur du livre ‘Victims and Victors: Speaking Out About Their Pregnancies, Abortions and Children Resulting From Sexual Assault’, et auteur de l’article "Rape, Incest and Abortion:  Searching Beyond the Myths," (Viol, inceste et avortement: Aller plus loin que les mythes), la plupart des femmes qui se retrouvent enceintes suite à une agression sexuelle ne veulent pas d’avortement et vont en fait plus mal après un avortement. Cf. www.afterabortion.org . 
Ce qui signifie que la position de la plupart des gens sur les cas de viol se fonde sur des arguments erronés : 1) la victime du viol voudrait un avortement 2) elle serait mieux avec un avortement 3) que la vie de l’enfant ne vaut pas la peine qu’elle poursuive sa grossesse. J’espère que mon histoire et les autres histoires postées sur ce site www.rebeccakiessling.com pourront contribuer à dissiper ce dernier mythe.

Je souhaiterais pouvoir dire que ma mère biologique figurait parmi la majorité des victimes et qu’elle ne voulait pas m’avorter, mais elle avait été convaincue du contraire. Cependant, l’attitude désagréable et les propos grossiers du second avorteur clandestin ainsi que la peur pour sa propre sécurité l’ont fait renoncer. Quand elle lui a dit au téléphone qu’elle n’était pas intéressée par cet arrangement risqué, ce docteur avorteur l’a insultée et l’a traitée de tous les noms. A sa surprise, il l’a rappelée le lendemain pour essayer de la convaincre de m’avorter encore une fois, elle a refusé de nouveau et fut injuriée. Alors voilà - après cela elle ne pouvait plus continuer. Ma mère biologique abordait le second trimestre – bien plus dangereux et bien plus coûteux pour m'avorter.

Je suis tellement reconnaissante que ma vie ait été épargnée, mais beaucoup de chrétiens bien intentionnés me diront des choses du style “Oui, tu vois, Dieu voulait vraiment que tu sois là ! " ou d’autres diront encore « Il fallait que tu sois là ».  Mais je sais que Dieu a l’intention que chaque enfant à naître reçoive la même opportunité de naître et je ne peux pas m’asseoir béatement et dire «Eh bien, ma vie aura au moins été épargnée. » ou «  je l’ai mérité. Regardez ce que j’ai fait de ma vie. » Et des millions d’autres ne l’ont pas pu ?  Je ne peux pas faire ça. Le pouvez-vous?  Pouvez vous rester là et dire “Au moins, j’ai été désiré(e)… au moins je suis en vie…” ou juste “Et alors?”  Est-ce là réellement le genre de personne que vous voulez être ? Impitoyable ? Une façade de compassion à l’extérieur, mais une froideur de marbre et du vide à l’intérieur ? Prétendez-vous vous soucier des femmes mais n’avoir rien à faire avec moi parce que je suis un rappel de ce que vous ne préféreriez pas voir en face et que vous détesteriez aussi voir pris en considération par d’autres que vous ? Ne suis-je pas digne d'être à l'ordre du jour?

En Droit, j’ai aussi eu des camarades qui m’ont dit des choses comme : «  Bof ! Si tu avais été avortée, tu ne serais pas là aujourd’hui et tu ne saurais pas la différence de toute façon, alors qu’est-ce que ça peut faire ? ». Croyez-le ou non, mais certains philosophes pro avortement connus utilisent le même type d’argumentation : « le fœtus ne sait jamais ce qui lui arrive, alors il n’ y a pas de fœtus qui va regretter sa vie. » Donc, je suppose que tant que vous poignardez quelqu’un dans son sommeil, ça va très bien, parce qu’il ne sait pas ce qui lui arrive ?! J’ai expliqué à mes camarades de classe comment leur propre logique justifierait « que je puisse les tuer aujourd’hui, parce qu’ils ne seraient pas là demain et qu’ils ne pourraient pas savoir la différence de toute façon, alors qu’est ce que ça peut faire ? » Et ils restaient bouche-bée. C’est étonnant ce qu’un peu de logique peut faire quand on réfléchit vraiment à ce sujet – comme nous étions supposés le faire en cours de droit – et quand on réalise le véritable sujet de la conversation : aujourd'hui, il manque des vies parce qu’elles ont été avortées. C’est comme ce vieil adage : « Si un arbre tombe dans la forêt, et que personne n’est là pour l’entendre, est ce qu'il va faire du bruit ? » Bien sûr ! Et si un bébé est avorté et que personne d’autre n’est là pour le savoir, est ce que cela est important ? La réponse est "OUI" ! Leur vie est importante. Ma vie est importante. Votre vie est importante et ne laissez personne vous dire le contraire !

Le monde est différent aujourd'hui parce qu’il était illégal pour ma mère biologique de m’avorter alors. Votre vie est différente parce qu’elle ne pouvait pas m’avorter légalement et vous êtes donc assis à entendre/lire mes mots aujourd’hui ! Mais vous n’avez pas besoin d’avoir un impact sur des audiences pour que votre vie importe. Il y a quelque chose dont nous manquons tous aujourd’hui à cause des générations actuelles qui ont été avortées et cela compte.

Une des choses les plus épatantes que j’ai apprise est que le violeur n’est PAS mon créateur comme certaines personnes aimeraient que je le croie. Ma valeur et mon identité ne sont pas établies en tant que “produit de viol” mais en tant qu’enfant de Dieu. Le psaume 68:5, 6 affirme: “ Père des orphelins… c’est Dieu dans son lieu de sainteté. Dieu donne à l’isolé le séjour d’une maison”. Et le psaume 27:10 “ Si mon père et ma mère m’abandonnent, le Seigneur m’accueillera”. Je sais qu’il n’ y a pas de honte à être adoptée. On nous dit dans le Nouveau Testament que c’est dans l’esprit d’adoption que nous sommes appelés enfants de Dieu par le Christ notre Seigneur. Alors, Il a dû avoir une très haute idée de l’adoption pour utiliser cette image de Son amour pour nous!

Mais le plus important que j'ai appris et que je serai capable d’enseigner à mes enfants et à d’autres, c'est que notre valeur ne se fonde pas sur les circonstances de notre conception, sur nos parents, sur notre fratrie, notre compagnon, notre maison, nos vêtements, notre apparence, notre Q.I., nos notes, nos performances, notre argent, notre occupation, nos succès ou échecs, ou nos capacités et handicaps – ça ce sont des mensonges qui sont perpétrés dans notre société. C’est quelque chose que les conférenciers les plus convaincants disent à leurs auditeurs, que s’ils pouvaient juste faire quelque chose d’eux-mêmes et atteindre un certain niveau dans la société, alors ils pourraient enfin être eux aussi « quelqu’un ». Mais le fait est que personne ne peut atteindre ces normes ridicules et que beaucoup de gens en resteront incroyablement loin, et alors? Est ce que cela signifie qu’ils ne sont pas « quelqu’un » ou qu’ils sont des «  moins que rien » ?  La vérité est que vous n’avez pas besoin de prouver votre valeur à quiconque et si vous voulez réellement connaître votre valeur, tout ce que vous avez à faire c'est regarder la Croix – parce que c’est le prix qui a été payé pour votre vie !  C’est la valeur infinie que Dieu a investie pour votre vie ! Il pense que vous avez beaucoup de valeur et moi aussi. Ne voulez vous pas vous joindre à moi pour affirmer la valeur des autres aussi, en parole et en action ?

Pour ceux qui parmi vous diraient “ Eh bien, je ne crois pas en Dieu et je ne crois pas en la Bible alors je suis pro choix” je vous recommande de lire mon essai " Le droit de l’enfant-à-naître à ne pas être injustement tué - une philosophie de l’approche des droits ". Je vous assure que vous ne gaspillerez pas votre temps."
Pour la vie,

Rebecca Kiessling 

Pour lui écrire directement: rebecca@rebeccakiessling.com
Lire ses écrits (y compris la lettre de sa mère biologique).
Voir ses vidéos.
D'autres témoignages d'enfants nés d'un viol. 

0 commentaires :

Enregistrer un commentaire

Ici on peut tout se dire, mais dans le respect et la bienveillance. Pour rendre l'échange plus sympathique, évitons l'anonymat ! Merci !

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Ecologie

Origine Théorie du Genre

IVG Espagne caméra cachée

La Révolution Française

Les Réseaux

Me suivre par Email

Mes tweets

Design