Qui est Stephix ?

33 ans, maman de trois enfants de 7 ans, 4,5 ans, et 19 mois + 1 BB en route ! Working mama en freelance après 5 ans de congé parental. Heureuse de cette expérience, d'avoir été aussi disponible pour mes petits et d'avoir enfin réalisé mon projet: allier travail et vie de famille tout en restant chez moi. Sur facebook vous me retrouverez en cherchant "les blogs de stephix", parce que j'en ai 4 et j'ai voulu les regrouper. Bonne lecture et surtout bons échanges!

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Tomboy à l'affiche ! Témoignage


Un grand Merci à Bab El qui a gentiment accepté que je reproduise ici son témoignage personnel et son avis sur le film de Tomboy qui est présenté aux collégiens pour l'année 2013-2014. Un film controversé, vous comprendrez pourquoi. Pour lire uniquement la critique cinématographique de Bab El sur ce film, cliquez-ici.
Le blog de Bab El sur lequel vous pourrez retrouver l'article, et bien d'autres articles tous aussi intéressants, a pour titre: "The truth will set you free" (la vérité vous rendra libre). Pas étonnant donc que j'ai bien accroché !
Bonne lecture, et surtout, n'hésitez pas à vous rendre directement sur son blog, sous l'article en question, pour participer à l'échange en cours. Elle y tient car de plus en plus elle s'intéresse à la question du genre, sa propre expérience et l'actualité l'y incitant.

Bonjour, j'ai 28 ans et j'ai passé 15 ans de ma vie à l'état de Tomboy, et c'était cool.
Quand j'étais petite, je voulais être un garçon. Je le voulais très fort. Disons de 5 ans, l'âge où j'ai compris qu'il y avait des différences de comportements entre les garçons et les filles, jusqu'à l'âge de 20 ans environ.
Je suis l'aînée d'une famille catho. Mais à l'époque, on ne parlait pas trop de la "théorie du genre" et lorsque mes parents me voyaient déguisés en garçon, ils pensaient à Claude dans le Club des Cinq et non aux cliniques pour les enfants transgenre. D'ailleurs, à la question "est-ce que tu veux changer de sexe ou qu'on achète un chien", j'aurais été très embêtée pour répondre.
Bizarre dès la maternelle
Mes premiers vrais souvenirs, bien construits, remontent à la moyenne section de maternelle quand j'ai commencé l'école. J'étais déjà disons... turbulente. Nous faisions un jeu qui consistait à quitter la cour de récréation des petits et à s'enfuir dans le parc de l'école, interdit aux élèves. Le goût de l'interdit, la montée d'adrénaline, tout cela augurait une enfance agitée...
A cinq ans, je passais du temps à lire pour mes camarades qui ne savaient pas encore bien déchiffrer. J'aimais les histoires de chevalier, je m'imaginais Robin des Bois, ou encore Peter Pan. Je rêvais de cabanes dans les arbres et de combats épiques. Mais mon imagination débordante entraînait aussi mes camarades, tous des garçons, à des jeux plus violents. Un jour, avec trois copains, nous avons fabriqué des épées avec un jeu de construction (des barres en plastique avec des trous que nous pouvions boulonner les unes sur les autres). On a fait "un pour tous, tous pour un" et on a commencé à se taper dessus en poussant de sauvages hurlements. Sur ce la maîtresse arrive, nous attrape et nous sépare en criant je ne sais plus quoi, et nous envoie chacun à un coin de la classe. Je ne sais plus ce qu'elle m'a dit exactement, mais c'est à ce moment là que j'ai compris qu'on attendait un comportement différent de la part des filles : plus raisonnable, moins agité. Et c'est à ce moment là que je me suis dit que j'aurais mieux fait d'être né dans le corps d'un garçon.
Les filles c'est nul !
A la fin du trimestre, j'ai sauté une classe et je me suis retrouvée en CP. Il n'y avait que des filles dans mon école. Je suis devenue un peu le bébé de tout le monde. Mes copains de grande section me manquaient, et je m'ennuyais beaucoup en classe. D'abord, j'étais plus avancée que les autres. Ensuite, je trouvais mes petites camarades chiantes au possible. Dans la cour de récré, on ne jouait plus à s'attaquer ou à braver l'interdit. Les filles jouaient à l'élastique et moi, je faisais "poteau". Pour ne pas rester seule, j'essayais toujours de trouver un groupe de deux filles avec qui faire poteau.
Exclusion
On jouait aussi aux gentilles et aux méchantes, mais je n'aimais pas ce jeu. Les méchantes étaient des filles de la classe dont on disait qu'elles déshabillaient les gentilles quand elles les attrapaient. Je les trouvais vraiment méchantes et elles me faisaient peur. En plus on ne pouvait pas vraiment se défendre : si on leur donnait un coup de poing dans le nez ou un coup de pied, elles allaient le dire à la maîtresse. Je me souviens encore du nom et du visage de plusieurs de ces filles qui ont été le cauchemar de mon primaire.
J'ai souffert des autres pendant cette période. Les filles, à mes yeux, n'avaient aucune parole d'honneur. On ne pouvait pas compter sur elles. Pendant un voyage de classe, l'une de ces chipies avait répandu du sel dans le lit d'une autre et m'avait ensuite accusée. La maîtresse est rentrée dans la douche pendant que je me lavais, et m'en avait fait sortir en me grondant. Je n'étais pas spécialement pudique en famille, mais cette intrusion m'a beaucoup heurtée, surtout pour m'accuser d'un crime que je n'avais pas commis. Je n'ai jamais attaqué dans le dos, moi. Si j'avais un truc à dire, je le faisais en public, et si l'autre voulait se battre, pas de problème ! On réglerait ça dans le sang ! Lorsqu'on m'attaquait comme ça, je ne savais pas me défendre. J'étais complètement démunie et je me faisais punir. J'ai compris à quel point le monde est injuste.
Un jour, d'autres filles ont glissé un rouleau de scotch avec d'autres petites affaires dans le creux d'un arbre, avec un papier signé de mon nom. Une fois de plus, il s'agissait de me faire accuser. Là encore, j'ai été punie.
Pour survivre, je trouvais des filles plus grandes que moi et je fondais un clan secret à la vie à la mort (le type 6 dans l'ennéagramme)
Il y avait des malentendus permanent avec les filles de mon âge. Une anecdote : tous les trimestres, on présentait des fiches de lecture dans la classe. Les miennes, c'était systématiquement des signes de piste. Un jour (en quatrième) une fille me demande :
- Pourquoi tu présentes toujours des histoires avec que des garçons ?
- Parce que j'aime bien les garçons à cet âge.
Toute la classe a explosé de rire. La prof de français, qui était loin d'être stupide, a lancé avec sarcasme :
- Inutile de prendre votre cas pour une généralité, laissez votre camarade vous expliquer.
J'ai expliqué comme j'ai pu, mais ça n'a pas fait cesser les ricanements. La fois suivante, je leur ai présenté "La Forêt qui n'en finit pas"*. Voilà pour leur gueule !
Le scoutisme était mon lieu d'épanouissement n°1. J'étais aux Europes, pas avec ces fillettes de sufettes (oui, je sais, c'est méchant...). Nous on faisait dans le mytho! Un de mes camps c'est très mal passé ceci dit, parce que j'étais une patrouille de guidettes (maquillage et 0 pointé en grand jeu...) et que j'ai souffert de leur rejet à tel point que j'avais demandé aux parents  de venir me chercher. J'ai fini le camp dans la tente de copines d'une autre patrouille, aussi royalo-péchu que moi. C'était des filles, mais elles étaient ok. 
Les bêtises
Je me faisais toujours gronder aussi pour les jeux turbulents voire dangereux que j'inventais : bataille de feuilles, courses sur les pierres, combat de boxe... Pour impressionner les fillettes de la classe un jour, j'ai escaladé l'escalier de l'autre côté de la rampe. La maîtresse m'a retenu avant que je ne sois trop haute et je me suis pris le savon de ma vie !!
A la maison, je me lâchais. J'avais décrété une fois pour toute que j'étais mieux réussie comme garçon que comme fille. Il fallait se rendre à l'évidence : j'aimais les cabanes, les bagarres, le foot, l'escalade de tout obstacle un peu haut (arbres, murs, balcons, toits...). Au début du collège, avec mes cousins, nous avons fondé une armée dont j'étais bien-sûr un des généraux (il n'y avait que des officiers ou presque dans notre armée). Nous passions nos vacances à fabriquer des armes, construire des cabanes dans les ronces ou dans les arbres, organiser des concours sportifs entre les enfants (piscine, courses, combats...) et à jouer à la petite guerre. Avec le temps, c'est devenu plus spectaculaire ; fumigènes, catapultes... Nous avons obtenu le droit de dormir dans nos cabanes, de faire des randonnées au loin. Je me battais souvent avec mes frères ou même mes cousins. Mes frères étaient plus jeunes : mais je me souviens avoir pris un coup dans le nez de la part d'un de mes cousins qui m'a presque assommé. Avec d'autres cousins ou des amis du voisinage, on jetait des pétards pour effrayer les petits, on allait explorer des maisons, on cambriolait parfois (je me souviens des cannes à pêche de ma voisine), on faisait du feu pour cuire des saucisses, on fabriquait des bombes à eau spectaculaires. J'avais un flingue à bille avec lequel traumatiser les petits du primaire. On avait un club terroriste à l'école. Je cherchais tout le temps des trésors, des fantômes et des souterrains.
Dieu s'est trompé de sexe en me créant
La première fois que j'ai entendu le terme "garçon manqué", j'étais à un voyage de classe. On visitait un château fort. Les filles posaient des questions inintéressantes: qu'est ce qu'on mangeait à l'époque, comment les gens s'habillaient, les belles robes que les femmes mettaient... Je lève la main et je demande :
- Est-ce qu'on peut visiter des souterrains ?
La guide me regarde et s'exclame :
- Vous disiez qu'il n'y a que des filles, mais il y a un petit garçon dans votre classe !
- Non non, elle c'est une fille.
La maîtresse avait dit cela d'un air un peu dégoûté, comme si j'étais moins qu'un fille. La guide est venue près de moi en voyant mon désarroi, et pour me consoler, elle m'a expliqué :
- Excuse-moi, mais c'est la première fois qu'une fille me pose ce genre de question. D'habitude c'est toujours les garçons... Mais tu sais, ce n'est pas grave du tout d'être garçon-manqué, c'est très mignon! Tu es un très mignon petit garçon-manqué. 
C'était en CM1, j'avais 8 ans. J'ai compris ce jour là qu'en fait, j'aurais dû être un garçon. Ça expliquait tout. J'avais un corps de fille, mais j'étais un garçon à l'intérieur. J'ai complètement décomplexé, et je me suis même mise à mépriser un peu les autres filles. J'ai décrété, une fois pour toute, qu'elles étaient bêtes.
J'insistais de plus en plus pour qu'on me coupe les cheveux courts, pour mettre des vêtements de garçons. Je faisais un blocage total sur les robes puis les jupes. Il fallait me supplier pour que j'en mette et je pouvais même piquer des colères terribles quand on m'y forçait. Je voulais ressembler à un garçon et j'y arrivais assez bien.
Jusqu'à 20 ans, je rêvais très souvent qu'un matin, je m'étais transformé en garçon. D'un seul coup, tout le monde se mettait à me respecter. Je n'osais pas trop raconter ce rêve. J'étais toujours dans un collège de fille, et les filles se seraient moqué de moi. S'il y avait eu une opération, j'aurais supplié les parents de me l'offrir.
Je suis un garçon
Durant mon enfance et mon adolescence, il est arrivé fréquemment qu'on me prenne pour un garçon.
Au collège, j'étais inscrite à la chorale. En apprenant que j'étais une fille, avant un concert, une camarade s'est exclamée: "c'est pas vrai ! Je croyais trop que tu étais un garçon ! Je voulais même sortir avec toi !" J'ai pensé en moi-même que je l'avais échappée belle, mais j'étais flattée en même temps !!!
Au pèlerinage de Chartres, un garçon de mon âge (14 ans) avait parlé des heures avec moi de ski, de basket... Il s'était lancé dans une description de grand jeu scout et j'avais lâché :
- Ouais, moi un jour aux guides...
- Quoi, t'es une fille ?
- Ben... oui... Pourquoi ?
- Zut, depuis tout à l'heure je te parles comme si t'étais un mec !
- Oh ! Bah c'est pas grave, je m'en étais pas rendu compte.
On avait rigolé et repris notre conversation. Bien-sûr, je l'avais senti, mais là encore j'étais assez fière.
C'est arrivé encore à 15 ans, aux sports d'hiver, alors que je skiais avec mon frère. Nous skiions seuls, c'était la première fois qu'on n'était pas inscrit en compète. Nous avions rejoint une piste fermée en faisant du hors piste. En surplomb, deux autres jeunes nous regardaient :
- T'as vu par où ils sont passé les deux mecs !!
Mon heure de gloire.
J'adorais le ski (j'adore toujours) parce qu'il n'y avait plus ni homme ni femme une fois la combinaison enfilée. Seul le talent compte. Et l'audace. J'aimais (j'aime) l'adrénaline, ce moment où, lancé à pleine vitesse, on sait qu'une chute peut-être fatale (et on repense à sa dernière confession ^^). Les moniteurs de compète disaient que je skiais comme un homme (même qu'ils pensaient toujours que j'allais tout remporter, et au final j'étais tellement stressée au moment d'y aller que j'avais juste le bronze :S). J'ai appris que Carole Montillet aussi skiait comme un homme. La grande classe, quoi.
Loyauté
Je ne voulais pas mentir, ce que je voulais par dessus tout, c'est que les garçons m'intègrent dans leur bande, dans leurs jeux. Qu'ils me jugent à leur hauteur, digne d'être leur ami. En amitié, avec les garçons comme avec les filles, j'étais quelqu'un de loyal et d'exigeant (je pense toujours l'être). J'avais des amies filles, mais qui avaient la même conception de l'amitié que moi et qui se moquaient bien de maquillage. On jouait aux billes et à cache-cache pour lutter contre la mentalité sac-à-main.
Je n'ai JAMAIS menti sur mon identité (sauf lorsque j'étais le chef masqué et anonyme d'un groupe terroriste bien-sûr, mais est-ce que ça compte ?). Mentir, c'est tromper l'autre. Je ne voulais pas qu'une fille tombe amoureuse de moi. Si une bande de garçons me prenaient pour un autre garçon, cela pouvait avoir son utilité le temps qu'ils acceptent mon comportement et qu'ils m'intègrent. Mais j'avais une conception de l'amitié et de l'honneur qui me faisait rétablir la vérité dès que j'avais la preuvequ'il y avait malentendu. Je voulais être quelqu'un de loyal, de sûr, l'homme de confiance, quoi. J'ai trop souffert des mensonges et des petites mesquineries des filles pour en faire autant. Je me reconnais à 100% dans le personnage de Claudine Dorsel dans le Club des Cinq ; comme elle, je faisais tout comme un garçon, comme elle, j'aurais préféré l'être, comme elle je ne mentais jamais. Comme elle aussi, je ne voulais pas grandir, comme elle j'aurais préféré vivre à l'âge adulte seule dans mon île avec mon chien.
Syndrome de Peter-Pan
Grandir me terrorisait. J'en faisais des crises d'angoisse dès que j'y pensais. J'ai accueilli comme un soulagement le redoublement du CM2, et j'ai pu sympathiser avec des filles plus jeunes, qui partageaient donc plus mes centres d'intérêt. Mais la puberté a été quand même terrible pour cette raison. Je ne voulais surtout pas devenir comme ces femmes que je connaissais. Surtout comme ma mère. J'avais l'impression qu'elle vivait sa maternité comme une source de frustration, à l'époque. S'il fallait grandir, je voulais garder le goût de l'aventure, le plaisir du jeu. Un peu comme un homme, me disais-je. Je voulais être militaire, pilote de chasse, parce que c'était à mes yeux le truc le plus enivrant qu'on puisse faire. Ma vue, qui s'est détériorée, ne m'a pas permis de perdurer dans cette ambition.
A partir de 14 ans, je me suis progressivement volontairement coupée des jeunes de mon âge, jusqu'à finir dans un isolement complet en prépa. J'étais devenue une fille repliée sur elle-même, asociale, complexée, effrayée de tout. J'ai aussi développé une terreur de tout ce qui est administratif.
Devenir femme
On ne naît peut-être pas femme, mais quand on est de sexe féminin, on le devient fatalement un jour ou l'autre. C'est juste que ça peut se passer plus ou moins bien en fonction du contexte. Pour moi, c'était très progressif et peut-être plus long que pour mes congénères, mais relativement simple.
Premiers amours
A l'adolescence, j'ai commencé à regarder les films autrement. Je craquais pour les acteurs, mais au lieu de m'imaginer vivre une histoire très romantique avec eux, je m'imaginais dans leur peau, je m'imaginais eux. C'est un peu bizarre, mais je pense quand même que c'était bien du craquage adolescent.
Je n'ai pas été vraiment amoureuse avant 21 ans bien tassé ; j'étais en Afrique pour un an, j'ai rencontré un gars que je trouvais génial, je parlais tout le temps de lui. Une amie m'a demandé :
- Mais qu'est ce qu'il t'a fait pour que tu penses sans arrêt à lui ? Tu es amoureuse ou quoi ?
C'est à ce moment que j'ai compris ce que c'était qu'être amoureux. Mais j'avais pris beaucoup de retard sur les jeunes de mon âge, et je vivais ce sentiment dans l'instantanéité de l'émotion subie, comme à 13 ans. J'étais une copine très chiante. Outre le fait que j'étais catholique ^^, j'étais accaparante au possible, complètement dans la dépendance affective à laquelle je me laissais aller, prise dans la griserie de ce phénomène nouveau. J'avais enfin l'impression que le Bon Dieu s'était pas totalement planté en me faisant. Ça s'est terminé en queue de poisson. Je lui ai mis un premier râteau-PAM et quelques mois plus tard, il a fini par renoncer à venir en France. Je pense que je l'avais juste trop gavé. Je n'ai été amoureuse qu'une autre fois depuis, il y a quelques années, de manière moins "épique" ; j'ai acquis de la méfiance...
La prière
J'ai pris conscience progressivement que, si j'étais effectivement une femme et que c'était pour le meilleur, il y avait des blessures bien profondes. La prière m'a beaucoup aidé. Il y a un peu plus de deux ans, dans un groupe de prière chacha (je n'étais pas du tout dans le trip, mais c'était en bas de chez moi et j'étais au chômage et complètement désespérée), un copain a proposé de prier pour moi. J'étais au pied d'une statue de St Joseph. J'ai dit oui. Peut-être que j'allais avoir l'intuition géniale de la boite dans laquelle je devais postuler pour trouver le job de mes rêves? Grosse déception : il n'a pas du tout prié pour le taff du siècle. Il m'a confié à la Vierge Marie, pour qu'elle guérisse les blessures liées à ma sexualité, et qu'elle m'apprenne à être fille, épouse et mère. Comme c'était un bon petit gars, un peu coinços, le genre à devenir tout rouge quand on évoque vaguement des trucs de fille, j'ai pris ça au sérieux. En plus je l'avais rencontré après l'Afrique et il ne savait pas à quel point je n'étais pas une fille ordinaire avant. C'est ainsi que j'ai commencé à chercher la guérison auprès de la Vierge Marie et de Saint Joseph.
Sur la théorie du "Genre"
Il y a eu beaucoup de chemin parcouru depuis. Je peux dire maintenant que je suis une femme, heureuse de l'être ; j'espère même l'être plus encore avec le temps. Mais je ne regrette rien de mon caractère, de mes goûts, des jeux qui ont marqué mon enfance et mon adolescence. J'étais une fille turbulente, imaginative, imprudente, et de ce fait souvent rejetée par les filles et acceptée par les garçons. J'espère devenir quelqu'un de combatif, de créatif et d'audacieux. Mes parents n'ont pas essayé de blesser ma nature ; dans une famille nombreuse, les filles jouent aux petites voitures et les garçons demandent des poupées pour Noël (et pendant un temps on voulait tous des playmobiles ce qui réglait la question). C'est l'avantage des familles nombreuses. Mes parents n'ont pas balisé quand je jouais au chef de bande, il n'ont pas non plus balisé quand mon frère a demandé une poupée. C'est idiot, de penser qu'un garçon qui joue à la poupée deviendra une femme dans un corps d'homme, et réciproquement. Un garçon qui veut une poupée pour Noël deviendra un papa affectueux et voilà tout. Et les mecs comme ça, je trouve ça super craquant (d'ailleurs toutes les filles trouvent ça craquant, un jeune homme beau gosse qui fait un câlin à un bébé). Une fille qui joue à la guerre inventera des jeux formidables pour ses enfants !!! Et j'espère vraiment qu'un gars bien va aussi trouver ça craquant un jour.
Chers parents...
A 18 ans, on m'aurait proposé une opération pour me transformer en homme, j'aurais signé tout de suite et ça aurait été la pire erreur de ma vie. J'aurais peut-être pu attendre 50 ans avant de le comprendre, mais heureusement je l'ai su plus tôt. Alors honnêtement, parents, ne transformez pas vos filles en garçons et vos garçons en filles. Apprenez leur plutôt à s'aimer comme ils sont, avec leurs goûts, leurs aptitudes, leur caractère. Parce qu'un garçon ne deviendra pas une femme et réciproquement. Notre âme n'habite pas notre corps comme on conduit un tracteur. Notre corps est tout autant notre identité que notre âme. Nous ne faisons qu'un. Notre nature est de toute façon blessée depuis les origines ; mais il n'y a pas d'erreur sur la personne. Chacune de nos cellules, même bombardée d'hormones, reste marquée par notre féminité ou notre masculinité. Apprenez-leur aussi à être honnête avec ce qu'ils sonttout ce qu'ils sont. Pas seulement leur esprit au détriment de leur corps ou l'inverse. Apprenez-leur à être honnête avec le monde. A être conscient de leur blessure plutôt qu'à les nier, à aller chercher la guérison plutôt qu'à fuir la souffrance.
C'est comme ça qu'on devient quelqu'un de bien.
La forêt qui n'en finit pas, un Signe de Piste dont les héros sont des filles signé Jean-Louis Foncine.

1 commentaire :

Ici on peut tout se dire, mais dans le respect et la bienveillance. Pour rendre l'échange plus sympathique, évitons l'anonymat ! Merci !

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